Hunger (2008)

H_1 Hunger est le premier des trois longs métrages réalisés par Steve McQueen, en 2008, qui lui aura notamment valu le prix de la Caméra d’or à Cannes. Le film montre de manière bouleversante le combat d’activistes de l’IRA (Irish Republican Army) voulant obtenir le statut de prisonniers politiques en Irlande du nord dans les années 80. Plus particulièrement, on observe la lutte ultime de Bobby Sands (joué par l’époustouflant Michael Fassbender), leader du mouvement, qui entame une grève de la faim. Pour un film très intense en émotions, Steve McQueen vient heurter le spectateur à travers un rendu très lent mais particulièrement violent.

Steve McQueen, très engagé, représente de manière parfaite le combat des détenus qui luttent pour leurs convictions. L’insalubrité qui est observée de manière récurrente et intense accentue la volonté des détenus, qui évoluent dans la crasse qu’ils entrainent. Sur les murs, sur leur corps, et même en dehors de la cellule : ils font tout pour contester. De manière complètement folle, le réalisateur nous garde en attention avec un plan séquence en caméra fixe de 17 min, ou deux avis s’opposent à travers un dialogue perturbant sur la marche à suivre. 17 min où seul le dialogue domine, et la fumée de cigarette faisant des va et vient en guise de seul mouvement.

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Un effet de lenteur extrême est donné dans ce long métrage, et ceci impose une tension et une intensité parfaite. Steve Mc Queen fait passer énormément de sentiments avec un plan très lent, un dialogue quasi inexistant, ou bien encore une attitude très figée d’un personnage. A ce sujet le talent de Michael Fassbender est indéniable, tout comme celui de Stuart Graham, qui fixe son regard vide dans des plans très esthétiques.

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Paradoxalement, Steve McQueen nous présente de manière très virulente la situation exposée. Dès le début, nous sommes plongés dans une ambiance particulièrement tendue qui monte en puissance pendant la mise en contexte de l’histoire. L’arrêt total du son à l’apparition du titre sur fond noir provoque un certain choc chez le spectateur, toute l’attention est d’ores et déjà aspirée de manière stupéfiante. Tout est choc : l’opposition entre l’hygiène de vie des détenus et celles de leurs « bourreaux », la violence physique omniprésente chez tous les personnages, la violence et la souffrance morale présentent des deux côtés…

En résumé : film à voir. Poignant et incroyablement captivant, horrible parce qu’il nous fait ressentir tout ce que l’autre ressent derrière la caméra. Magnifique, parce que la violence montrée est parfaitement représentée. Bref, bon film !

M. Fagniard

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