Man On Wire (2008)

800full-man-on-wire-posterA l’occasion de la sortie du film « The Walk – Rêver plus faut » ce mercredi 28 octobre 2015, dans lequel Joseph Gordon-Levitt incarne Philippe Petit, nous vous proposons de revenir sur le documentaire britannique de James Marsh Man On Wire (oscar du meilleur film documentaire en 2009) qui retrace l’histoire du célèbre funambule français. Ce documentaire aux allures de thriller présente l’incroyable défi de Philippe Petit: tendre un câble en acier et effectuer la traversée entre les deux tours du World Trade Center.

Le documentaire se concentre sur la reconstitution de l’événement, grâce notamment à de nombreuses scènes rejouées et des images d’archives, et révèle le véritable exploit de ce projet qui n’est pas la performance du funambule, mais bien la préparation du « crime artistique du siècle ». Philippe Petit qualifie lui-même son histoire de « fairy tail » au cours de son interview et se considère comme « a poet conquering beautiful stages » (avec un très joli accent frenchie).

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Grâce à un montage parallèle, on observe Philippe petit garçon grandir en même temps que la construction des deux tours avance. Au fur et à mesure, le spectateur découvre l’équipe hétéroclite qu’il fédère autour de lui afin d’atteindre son but. Il s’agit de s’emparer de ces tours, alors les immeubles les plus hauts du monde, et d’arriver à monter à leurs sommet tous le matériel nécessaire. Le scénario pour pénétrer dans ces hauts lieux est digne des films de gangsters avec braquages de banques et arnaques de casinos. Création d’une fausse société avec de fausses factures, fabrication de fausses cartes d’identité, partie de cache cache avec les gardes, crépitement de talkie-walkie, accident d’installation, maquettes, entraînement millimétré… Tous les éléments y sont.
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« Le coup » est enfin prêt, la chance est au rendez-vous, la foule découvre alors le 7 août 1974 Philippe Petit, debout sur son fil au dessus du vide, entre les deux tours, saluant son public. Il s’accordera même le plaisir de se jouer des autorité américaine venue l’arrêter. Philippe Petit accomplit donc son rêve, rêve qui lui ouvrira les portes d’une nouvelle vie, mais qui signera la fin de certaines amitiés et de certains amours.

L’histoire à donc tout d’une grande histoire et l’on comprend mieux le désire de Robert Zemeckis d’en faire une fiction. L’expérience 3D vaudra certainement le coup au vu du sujet vertigineux. Reste à savoir si le film sera à la hauteur.

I.I

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Le dernier coup de marteau (2015)

050571Après son premier film Angèle et Tony (2010) acclamé par la critique, Alix Delporte revient cinq ans plus tard avec Le dernier coup de marteau (2015) et confirme sa place dans le milieu cinématographique hexagonal.

Victor 13 ans, bientôt 14, vit avec sa mère gravement malade dans une caravane au bord de la mer. Son père, chef d’orchestre de renom et qui ignore son existence, revient à l’opéra de Montpellier pour diriger la 6ème symphonie de Gustav Malher.

L’adolescent se confronte alors aux problématiques du monde adulte, entre argent, maladie, recherche d’identité, affirmation de soi, et avenir dans le milieu footballistique. Si l’opposition entre foot et musique classique, crampons et violons, parait à première vue grossière, c’est avec une extrême délicatesse et une certaine pudeur qu’Alix Delporte traite le sujet. En distribuant avec parcimonie des dialogues qui font souvent mouche et une direction d’acteur irréprochable, la réalisatrice évite habilement tout misérabilisme.

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Son personnage principal, tout en introversion, mène une construction interne et des réflexions silencieuses que l’on peut deviner au travers de son regard implacable. Semblable au Victor de L’Enfant sauvage (1970) de Truffaut, l’adolescent doit comprendre les codes et les enjeux du nouveau monde qui l’entoure.
La musique de Gustav Malher aurait pu être un piège supplémentaire, faisant basculer le film dans le larmoyant, mais tout est question de dosage et A. Delporte l’a bien compris.

Ce film français au fragile équilibre traite donc de manière sophistiqué le parcours initiatique d’un adolescent et donne du baume au coeur le temps d’une musique de Malher.

I.I