Point Break (2016) – Ne pas toujours se méfier des apparences

point-break-posterIl est des films qui avant même qu’ils ne soient à l’écran nous donnent envie de les dévorer, il y a des films qui nous laissent passablement indifférents, et enfin il y a les autres. Point Break version 2016 fait partie de la triste catégorie qui nous fait craindre la séance de cinéma, qui nous fait redouter le pire. Mais d’où viennent donc ces pré-conditionnement cinématographiques ? Est-ce parce que The Revenant a bénéficié d’une publicité plus glorieuse et plus importante que Point Break qu’il serai forcément meilleur ? L’avis que nous nous faisons d’un film est-elle déjà préconçue avant même le visionnage de celui-ci ? Ce serait inadmissible ! Alors non ! Nous ne laisserons pas les préjugés détruire notre liberté critique et nous allons traiter ce film ici, en faisant abstraction de tout ce qui l’entoure en bien, et surtout en mal.

Point Break donc, un film de Ericson Core, ancien directeur de la photographie, qui réalise ici seulement son second long-métrage, après Invincible en 2006. Il s’agit du remake de l’original Point Break sorti en 1991 et réalisé par Kathryn Bigelow (Démineurs, Zero Dark Thirty).

Le film raconte l’histoire de Johnny Utah (Luke Bracey), une ancienne légende du moto-cross depuis reconverti en agent du FBI. Il va devoir infiltrer un groupe de sportifs extrêmes, soupçonnés d’être à l’origine de nombreux braquages spectaculaires. Très vite, Utah va se retrouver entrainé dans des défis insensés et commencer à cerner le personnage qu’il va devoir arrêter : le mystérieux Bodhi.

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Si l’idée du film correspond dans l’esprit à celle du film original, dans la forme il n’en est rien. Le film est clairement orienté vers la nouvelle génération: les personnages sont jeunes, ont a le droit à des ralentis sur des femmes se dandinant à moitié nues, et surtout, l’utilisation  bien trop exagérée du montage rapide pour les séquences de sports extrêmes. L’inconvénient étant que la moitié du film ne se compose que de ce genre de scènes, le mal de crâne est donc malheureusement inévitable, les plans s’enchaînant si rapidement et les cadrages étant si peu précis que l’impression de se trouver devant une vidéo amateur n’est presque plus une impression.

Tout cette bouillie censée ravir la belle jeunesse est entremêlé de moments plus posés, qui voudraient nous faire croire qu’on assiste à une véritable enquête digne des romans de Michael Connelly, or il n’en est rien. L’intrigue est extrêmement floue durant la totalité du film, et l’histoire semble avancer à la vitesse d’une tortue asthmatique. Lorsque enfin tous les tenants et aboutissants nous parviennent, la déception nous fait envier avec une terrible impatience le générique final.

Le scénario de mauvaise facture entraîne de facto avec lui les acteurs qui, entre deux répliques aussi profondes qu’un spectacle de Kev Adams, nous livrent un jeu forcé qui atteint plus souvent le ridicule qu’il ne le frôle. Ajoutons à cela (et promis après on passe au point positif) des personnages secondaires totalement clichés dans leurs rôles respectifs (le méchant a une grosse barbe et des cicatrices et la gentille est pour la paix dans le monde) et nous ne sommes plus très loin du fond.

thumb_PointBreak_Trailer

On peut tout de même souligner le travail intéressant réalisé sur la photographie, seul véritable point fort du film. Cela étant favorisé par les différents lieux dans lesquels se déroulent l’histoire, des plages de Biarritz jusqu’aux montagnes d’Amériques du Sud,  nous les dévoilant sous des angles non-inintéressants.

Finalement, on pourra longtemps se questionner sur l’utilité d’un remake du film Point Break, si ce n’est de rajeunir son public, en réalisant un film plus proche d’un assemblage de vidéos Youtube que d’un véritable récit cinématographique. Mais bon, il parait que la mode est aux suites et aux remake chez Hollywood, donc passons.

Soulignons enfin ce brave spectateur qui, à la fin de la projection du film, s’est soudainement levé et a balancé d’un ton poétique « c’était à chier ! », avant de sortir grognon de la salle, sûrement mécontent d’avoir dû payer l’équivalent de deux kébabs sauce blanche pour voir ce qu’il venait de voir. Ce spectateur, génie de la critique cinématographique,  a certes tenu là une analyse brève et concise, mais on ne le niera pas, parfaitement juste.

G. Tardif

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