Retour sur le Festival 2 Valenciennes

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La semaine dernière se tenait le Festival 2 Valenciennes au cinéma Gaumont. L’occasion pour les curieux de venir découvrir de nombreux films et documentaires venus des quatre coins du monde, et de rencontrer leurs acteurs et réalisateurs.

Pour les éventuels retardataires, voici un petit récapitulatifs des films projetés en compétition documentaire et fiction, ainsi que le palmarès final.


Compétition Documentaire

Lundi soir, lors de la soirée d’ouverture étaient donc présentés les membres du Jury Documentaire, présidé par le grand Daniel Leconte. Pour juger les six documentaires en compétition, il était accompagné par Serge Avédikian, Stéphane Bentura, Francis Renaud, Frédéric Sojcher et enfin une invitée de dernière minute : Sofia Manousha.

Il était donc question ce soir là du film Ultimo Tango, de German Kral. Un documentaire qui retrace la vie tumultueuse du plus grand couple de Tango de tous les temps : Maria Nives Rego et Juan Carlos Copes. Le film nous embarque rapidement dans le Buenos Aires des années 50, à travers plusieurs témoignages, mais aussi par des scènes entièrement fictionnelles. Il nous montre l’influence qu’ont eu Juan et Maria sur cette danse envoutante, et inversement. Ce film dansant et poétique en a séduit plus d’un, et il a été justement récompensé par le prix étudiant.

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Ultimo Tango de German Kral

Mardi, le festival a réellement commencé avec la projection de trois films. À commencer par Free To Run de Pierre Morath, un documentaire sur l’émergence de la course à pied et ses influences dans diverses causes, notamment pour l’égalité des sexes. Le sujet, étonnant de prime abord, ne fini pas de nous surprendre jusqu’à la fin du film, tellement cette pratique d’abord marginale dans les années 50 a fini par devenir le sport le plus pratiqué au monde.

S’en est suivi No Land’s Song de Ayat Najafi, qui montre le combat de plusieurs femmes Iraniennes qui n’ont qu’une envie : pouvoir chanter devant un public. Cette envie qui peut paraître banale chez nous ne l’est malheureusement pas en Iran, où l’État décrète des principes plus discriminatoires et opprimants les uns que les autres. C’est avec émotion que le film a été reçu par la salle, et le réalisateur Iranien s’est vu repartir avec le Grand prix documentaire et le Prix de la critique mercredi. Belle récompense pour ce documentaire engagé et bien narré, qui a sûrement un bel avenir devant lui (le film est sorti le 16 Mars).

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No Land’s Song d’Ayat Najafi

Dernier film de la journée : Jodorowsky’s Dune de Frank Pavich, un documentaire qui retrace l’aventure épique d’un film (Dune) qui ne s’est jamais fait. La faute à des producteurs Hollywoodiens un peu trop frileux et qui n’ont pas donné crédit à Jodorowsky. Il avait pourtant rassemblé autour de lui les plus grands : de Pink Floyd pour la musique à Dali et Orson Welles pour le casting en passant par Dan O’Bannon pour les effets spéciaux… Aujourd’hui il reste du film un storyboard et de nombreuses idées. Idées d’ailleurs reprises dans les plus grands films de science-fiction (Star Wars, Alien…), et qui ne cessent d’influencer encore aujourd’hui le cinéma.

Mercredi matin était projeté Il m’a appelée Malala, de Davis Guggenheim. Documentaire qui retrace le parcours extraordinaire de Malala Yousafzai, une jeune pakistanaise qui œuvre pour l’éducation dans son pays et qui a reçu le prix Nobel de la paix en 2014. C’est en toute logique que le film s’est vu récompensé du Prix du public, tellement le combat de cette jeune femme est remarquable.

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Il m’a appelée Malala de Davis Guggenheim

Enfin pour conclure la compétition documentaire, Royal Orchestra, de Heddy Honigmann. Le film retrace le parcours du prestigieux Orchestre Royal d’Amsterdam, qui part en tournée à travers le monde pour célébrer son 125ème anniversaire. Il montre la difficulté que représente, pour les musiciens, un départ prolongé à l’étranger, bien que ce qu’ils reçoivent en retour n’a pas de prix.

Palmarès compétition documentaires

Grand Prix Documentaire : No Land's Song de Ayat Najafi
Prix de la critique : No Land's Song de Ayat Najafi
Prix des étudiants : Ultimo Tango de German Kral
Prix du public : Il m'a appelée Malala de Davis Guggenheim

Compétition Fiction

Après les documentaires, venait la fiction. Et bien que la forme puisse différer, le fond est parfois semblable, et les messages portés tout aussi efficaces. La programmation extrêmement riche et variée en a su proposer quelque chose d’attractif et de méconnu, ce qui n’était pas pour déplaire aux nombreux spectateurs venus assister aux projections.

Qui dit nouvelle compétition dit nouveau Jury. Il était cette fois-ci présidé par l’immense Jean-Pierre Mocky, et accompagné par Frédérique Bel, Cécile Bois, Patrick Braoudé, Antoine Chappey, Frédéric Chau, Grégoire Hetzel, Anamaria Marinca, Brigitte Roüan, et enfin Cécile Telerman.

Tout pour être heureux de Cyril Gelblat était le premier film à être présenté. Non seulement en avant-première mais aussi en présence des acteurs et actrices Manu Payet, Audrey Lamy et Aure Atika. Le film raconte l’histoire d’un père qui aux yeux de sa femme ne l’est justement pas assez. Il faudra un divorce pour qu’il arrive à apprécier pleinement ses deux filles et qu’il devienne un « vrai » père. Ce premier film, que nous qualifierons de « gentil » n’a pas soulevé la foule, mais le public a apprécié la présence des acteurs et du réalisateur, auxquels ils ont pu poser quelques questions à la fin du film.

Le jeudi, on a pu voir Colonia de Florian Gallenberger qui raconte l’histoire méconnue d’un camp sectaire au Chili où était envoyés certains prisonniers après la révolution. Avec un excellent casting (Emma Watson, Daniel Brühl), des scènes extrêmement dérangeantes (en sachant que c’est une histoire vraie), une mise-en-scène soignée, Colonia est parvenu à séduire la salle qui lui a attribué le Prix du public.

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Colonia de Florian Gallenberger

Venait ensuite L’Avenir, de Mia Hansen-Løve. Un film ultra-réaliste qui nous emmène dans le quotidien de Nathalie (jouée par l’excellente Isabelle Huppert), une professeur de philosophie qui va voir son quotidien bousculé par divers soucis familiaux et professionnels. Loin du sensationnel Hollywoodien et parfaitement juste, le film a reçu de manière légitime le Prix de la critique. (C’est aussi mon coup de cœur du festival).

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L’Avenir de Mia Hansen-Love

Ensuite était présenté La Saison des femmes, en présence de la réalisatrice Leena Yadav, venue spécialement de Bombay. Le film narre l’histoire touchante et à la fois effrayante du quotidien de trois femmes dans un village Indien. Elle subissent constamment l’oppression de leurs maris, mais petit à petit, elles vont tenter de faire bouger les choses… Avec une mise en scène originale et un montage parfaitement rythmé, c’est avec toute logique que Leena Yadav, émue, s’est vue remettre le Prix du jury ainsi que le Prix d’interprétation féminines pour ses trois actrices principales.

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La Saison des femmes de Leena Yadav

Le vendredi, Chala, une enfance cubaine de Ernesto Daranas fut projeté. Le film raconte le parcours de Chala, un jeune cubain qui doit s’occuper de sa mère alcoolique en lui ramenant de l’argent, souvent gagné de façon illégale. Son institutrice, Carmela, va tout faire pour le faire revenir dans le droit chemin et tenter de le sortir de la misère. Ce film émouvant et très bien interprété se voit remettre le Grand Prix de Fiction, ainsi que le Prix d’interprétation masculine pour Armando Valdés Freire, qui tient le rôle principal et dont c’était le premier film. Tout simplement bluffant pour un si jeune acteur.

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Toujours à l’international, un film cette fois-ci Dannois était présenté vendredi. Il s’agissait de A War de Tobias Lindholm. Le film suit le parcours d’un sergent de l’armée Danoise sur le terrain, et par la suite lors de son retour au pays. Lindholm parvient très justement à présenter les conséquences de la guerre sur le terrain (en Afghanistan), mais aussi à la maison (donc au Danemark) où sa famille souffre du manque et du doute. Le réalisme poignant de ce film nous a changé des habituelles propagandes Américaines dans les films du genre (American Sniper pour ne citer que lui).

Retour en France avec le film Quand on a 17 ans, d’André Téchiné, avec Sandrine Kiberlain. Le film raconte la rivalité entre deux adolescents, qui sans raison apparente, ne peuvent s’empêcher de se battre. Le film tentera par la suite de montrer à travers une histoire quelque peu maladroite que la violence n’est pas toujours synonyme de haine. Les avis étaient partagés à la sortie de la salle, mais cela n’a pas empêché Corentin Fila de recevoir le Prix d’interprétation masculine pour son rôle de Tom.

Samedi, dernier jour du festival, était projeté Dégradé d’Arab et Tarzan Nasser. Un huis clos palestinien entre treize femmes coincées dans un petit salon de coiffure. Le film tire sa force des dialogues, de ses personnages, et enfin de sa mise-en-scène particulièrement intéressante, ce qui lui a permis de recevoir le Prix des étudiants.

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Dégradé d’Arab et Tarzan Nasser

Enfin pour finir venait le dernier film, très attendu, de Jean-Marc Vallée, Démolition. Trois ans après Dallas Buyers Club, Le réalisateur Canadien nous démontre encore une fois son talent dans un film libérateur, avec un Jake Gyllenhaal des grands jours. Son personnage, Davis, ne comprend pas le manque d’émotion qu’il ressent à la mort tragique de sa femme. Il va donc tenter de tout déconstruire, pour tout reconstruire… Un scénario excellent pour un film excellent, que demander de plus pour clôturer ce festival ?

Palmarès compétition fictions

Grand Prix Fiction : Chala, une enfance cubaine de Ernesto Daranas
Prix d'interprétation masculine :Corentin Fila (Quand on a 17 ans)
et Armando Valdés Freire (Chala, une enfance cubaine)
Prix d'interprétation féminine : Les 3 actrices de La Saison des femmes
Prix du Jury : La Saison des femmes de Leena Yada
Prix de la critique : L'Avenir de Mia Hansen-Løve
Prix des étudiants : Dégradé d’Arab et Tarzan Nasser
Prix du public : Colonia de Florian Gallenberger

G.Tardif
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